La réponse en une minute : ce que l'aluminium coûte à produire, ce qu'il rend en recyclage
C'est la question qu'on nous pose vraiment en magasin, souvent à voix basse, après avoir choisi une pergola : « au fond, l'alu, ce n'est pas très écologique, si ? ». La réponse honnête tient en deux temps. Oui, produire de l'aluminium à partir du minerai est lourd : il faut extraire la bauxite, en tirer de l'alumine, puis séparer le métal par électrolyse, une étape qui consomme énormément d'électricité. C'est un fait de procédé, pas une opinion, et aucun fabricant sérieux ne le nie.
Mais l'autre moitié de l'histoire est tout aussi vraie : refondre de l'aluminium déjà produit ne demande qu'une fraction de l'énergie nécessaire à l'électrolyse de la bauxite, et le métal obtenu conserve ses propriétés. Autrement dit, l'effort énergétique est concentré une fois, à la première production ; ensuite, la même matière peut resservir indéfiniment. Un profilé de pergola posé aujourd'hui n'est pas un déchet en devenir : c'est un stock de métal immobilisé pour trente ou quarante ans, qui repartira en fonderie ensuite.
Cette lecture-là n'est plus seulement militante : elle est en train de devenir une lecture de marché. Avec la réglementation environnementale RE2020, l'analyse du cycle de vie des matériaux entre dans le calcul de la construction neuve, et le sujet du carbone des matériaux est monté d'un cran dans toute la filière bâtiment. Ce qui se joue sur les maisons neuves finit toujours par redescendre sur les ouvrages extérieurs que nous posons.
Aluminium primaire et aluminium recyclé : deux matériaux très différents
Parler de « l'aluminium » au singulier est la première erreur du débat. Derrière un même profilé thermolaqué, il y a deux chaînes de production très éloignées l'une de l'autre.
- L’aluminium primaire : bauxite extraite, transformée en alumine, puis électrolysée pour obtenir le métal, coulé en billettes. L’étape d’électrolyse est la plus consommatrice, et le mix électrique du pays de production pèse énormément sur le résultat final : le même alliage n’a pas le même bilan selon l’endroit où il est né.
- L’aluminium recyclé : du métal déjà existant (chutes d’usinage, profilés de dépose, menuiseries déposées) trié par famille d’alliages, refondu, coulé en nouvelles billettes, puis filé pour donner des profilés neufs. Aucune perte de qualité mécanique à l’arrivée.
Une nuance capitale, que les plaquettes commerciales entretiennent volontiers dans le flou : tous les « pourcentages de recyclé » ne se valent pas. Refondre ses propres chutes d'atelier, c'est de la bonne gestion industrielle, mais ce métal n'a jamais quitté l'usine, il n'a évité aucun enfouissement. Reprendre des menuiseries réellement déposées chez des particuliers, trier des profilés vieux de trente ans mêlés à leurs joints, leurs vitrages et leur visserie, c'est un autre métier, bien plus difficile. C'est cette seconde filière, dite post-consommation, qui fait réellement bouger le bilan, et c'est justement celle qui manquait en France.
Dernier point technique, souvent ignoré : le recyclage de l'aluminium exige un tri par alliage. Un profilé de structure, une lame orientable et un dormant de véranda n'ont pas forcément la même composition, et mélanger les familles dégrade la qualité de la coulée. C'est pour cela que la traçabilité compte autant que le pourcentage affiché : sans elle, la boucle se referme mal.

Ce qui change en 2026 : la filière française de recyclage se structure
Jusqu'ici, le maillon faible n'était pas la collecte, mais la destination du métal collecté. Le SNFA, le syndicat national de la construction des fenêtres, façades et activités associées, annonce que 96 % des menuiseries aluminium en fin de vie sont déjà collectées, mais qu'une part significative de cette matière part à l'étranger pour y être refondue. Ce n'est donc pas le tri qui manque : c'est la boucle fermée française.
C'est ce chaînon que la profession dit vouloir combler. Le syndicat vise une capacité de recyclage de 200 000 tonnes par an dès 2026, avec pour objectif de recycler 100 % des menuiseries aluminium déposées d'ici 2030. Deux fonderies portent cette montée en charge : Coralium, qui vise 40 000 tonnes de billettes bas carbone à horizon 2027, et Aluminium Group Solution, qui annonce 80 000 tonnes par an. Ce sont des objectifs affichés par la filière, pas des résultats acquis, nous les citons comme tels.
Trois leviers accompagnent le mouvement, et ils sont utiles à connaître quand on compare deux devis :
- L’éco-modulation AGEC : la contribution due au titre de la filière déchets du bâtiment est réduite pour les menuiseries contenant au moins 40 % d’aluminium recyclé. Autrement dit, incorporer du recyclé devient un avantage économique, pas seulement un argument de communication.
- La démarche Alu+C− : portée avec le groupement des fabricants d’aluminium, elle demande au moins 30 % de recyclé pour les fenêtres, une traçabilité complète des profilés et le respect de seuils carbone. C’est la traçabilité qui fait sa valeur : elle interdit d’annoncer un taux sans pouvoir le démontrer.
- Les labels fenêtrealu et façadealu : ils se dotent d’une nouvelle mention Environnement, une mention RSE étant annoncée pour juin 2026. Un repère de plus pour distinguer un gammiste engagé d’un simple revendeur.
Ce que cela change pour vous, concrètement ? Il devient possible de poser la question et d'obtenir une réponse. Il y a cinq ans, demander la part de recyclé d'un profilé de pergola n'aboutissait généralement à rien. Aujourd'hui, les gammistes savent répondre, ou révèlent en ne répondant pas qu'ils n'ont pas travaillé le sujet.

Bois ou aluminium : sur quoi se joue vraiment la comparaison
La comparaison ne se joue pas sur une seule ligne, mais sur quatre étapes de la vie de l'ouvrage. Et à chaque étape, le vainqueur change. C'est pour cela qu'un match matière contre matière n'a aucun sens.
| Étape | Bois | Aluminium | Ce que nous en retenons |
|---|---|---|---|
| Fabrication | Renouvelable, peu transformé, stocke du carbone en œuvre | Énergie élevée en primaire, bien plus faible en recyclé | Avantage net au bois, surtout local |
| Durée de vie | Longue si l’essence et la pose sont justes, sensible à l’eau | Très longue, insensible aux insectes et à l’humidité | Avantage à l’aluminium en exposition sévère |
| Entretien | Saturateur, dégrisage : produits, eau et temps réguliers | Lavage à l’eau savonneuse, profilés thermolaqués stables | Avantage à l’aluminium sur la durée |
| Fin de vie | Réemploi, broyage ou valorisation énergétique | Refondu en boucle, avec une valeur marchande à la dépose | Avantage à l’aluminium si la dépose part en filière |
À la fabrication, le bois gagne, et il gagne largement. C'est une matière renouvelable, peu transformée, qui stocke du carbone pendant toute sa vie en œuvre, un carport en douglas est littéralement un stock de carbone posé dans votre jardin. Et quand l'essence pousse à quelques dizaines de kilomètres, comme le pin maritime ou le douglas de notre région, le transport pèse à peine. Nous détaillons cette filière courte dans notre article sur le bois local en Gironde : aucun profilé, même bas carbone, ne rattrape un résineux scié à cinquante kilomètres du chantier.
Sur les trois autres étapes, l'aluminium reprend l'avantage. Il ne craint ni les insectes, ni l'humidité permanente, ni les alternances de gel et de plein soleil ; un profilé correctement thermolaqué se lave à l'eau savonneuse et ne demande rien d'autre. Un ouvrage bois exposé, lui, réclame un saturateur régulier, parfois un dégrisage : ce sont des produits, de l'eau et du temps, tous les deux ou trois ans, sur trente ans. Et en fin de vie, la dépose alu vaut de l'argent, donc elle est triée, donc elle repart.
D'où notre conviction de terrain, qui vaut pour les deux matières : le pire bilan environnemental est toujours celui de l'ouvrage qu'on refait deux fois. Un carport bois posé sur des poteaux noyés dans le béton, une pergola alu sous-dimensionnée dont les lames vibrent au premier coup de vent : dans les deux cas, on démonte au bout de dix ans, et tout le débat carbone passe à la trappe. La conception et la pose pèsent plus lourd que le choix de matière.

Notre position d'artisan qui pose les deux : quand nous conseillons le bois, quand nous conseillons l'aluminium
Disons-le franchement, parce que c'est rare : nous vendons et nous posons les deux matières. Notre chiffre d'affaires ne dépend pas de la victoire de l'une sur l'autre, ce qui nous dispense d'avoir un avis de commerçant sur la question. Voici donc, sans détour, comment nous arbitrons.
Nous conseillons le bois quand la structure est vue de près et vécue au quotidien, parce qu'aucun matériau n'égale sa chaleur ; quand l'ouvrage doit s'accorder à une maison en pierre ou à un jardin ; quand la géométrie est atypique et demande d'adapter en atelier plutôt que de commander une trame ; quand la réparabilité compte, car on remplace une lame ou une panne sans toucher au reste ; et bien sûr quand l'empreinte de fabrication est le premier critère du client. Carports, abris, bardages, terrasses, ossatures : c'est le terrain naturel de nos constructions bois.
Nous conseillons l'aluminium quand l'ouvrage doit franchir une grande portée sans multiplier les poteaux ; quand il embarque des fonctions mécaniques (lames orientables, motorisation, capteurs de vent et de pluie) que le bois ne sait pas porter ; quand l'étanchéité et l'évacuation des eaux doivent être intégrées à la structure elle-même ; quand l'exposition est sévère (bord de piscine, plein sud, projections permanentes) ; et quand le client nous dit clairement qu'il ne veut plus rien entretenir. Une pergola bioclimatique en aluminium n'a tout simplement pas d'équivalent en bois.
Nous avons déjà tranché ce type d'arbitrage ouvrage par ouvrage : notre comparatif carport aluminium ou bois et notre guide garde-corps aluminium ou bois donnent les critères de décision détaillés, sans détour par le débat environnemental.
Ce que vous pouvez demander à votre installateur
Si le sujet vous tient à cœur, il ne se règle pas en choisissant une matière : il se règle en posant quatre questions précises, avant la signature. Elles ne coûtent rien et elles trient très vite les interlocuteurs.
- Quelle part d’aluminium recyclé, et de quelle origine ? : un pourcentage seul ne veut rien dire. Demandez si le recyclé vient de chutes internes de production ou de menuiseries réellement déposées : ce n’est pas le même effort ni le même effet.
- Quel gammiste, et où sont faits le filage et le thermolaquage ? : l’origine du métal et le lieu de transformation pèsent lourd. Un profilé filé et laqué en France ou en Europe proche n’a pas le même parcours qu’un profilé venu de l’autre bout du monde.
- La gamme relève-t-elle d’une démarche ou d’un label ? : Alu+C−, fenêtrealu, façadealu : ces repères existent et sont vérifiables. Ils n’ont pas tous la même portée, mais ils prouvent au moins que la question a été travaillée en amont.
- Que devient la dépose de l’ancien ouvrage ? : c’est la question que personne ne pose. Les profilés partent-ils triés en filière, séparés des vitrages et des joints, ou finissent-ils en benne tout-venant ? La réponse en dit long sur l’entreprise.
Un mot d'honnêteté pour finir : beaucoup d'installateurs ne savent pas encore répondre à ces quatre questions, et nous-mêmes remontons certaines réponses auprès de nos fournisseurs plutôt que de les improviser. Ce n'est pas grave, ce qui compte, c'est qu'on vous dise « je vérifie et je vous rappelle » plutôt qu'un « oui, c'est recyclable » qui ne vous engage sur rien. Côté bois, la question miroir est tout aussi simple : quelle essence, et poussée où ?

En Gironde : le bon arbitrage selon l'ouvrage
Autour de Libourne, notre climat tranche une partie du débat tout seul : étés chauds et secs, hivers doux et humides, vallée de la Dordogne où l'humidité stagne le matin, et des maisons de pierre blonde couvertes de tuile canal qui imposent leurs teintes. Voilà comment cela se traduit, ouvrage par ouvrage, sur nos chantiers girondins.
- Pergola : si vous voulez piloter l’ombre (lames orientables, motorisation, évacuation des eaux intégrée), c’est l’aluminium, sans hésiter. Si vous cherchez une structure chaleureuse sous laquelle faire courir une vigne ou une glycine, le bois reste imbattable et beaucoup plus sobre à fabriquer.
- Carport : le bois gagne dans la grande majorité des cas : l’ouvrage est ouvert, ventilé, peu exposé aux projections, et son intégration à une maison girondine est bien meilleure. Nous basculons sur l’aluminium quand la portée est longue, le toit plat, ou quand l’abri doit s’aligner sur des menuiseries déjà thermolaquées.
- Garde-corps : l’aluminium l’emporte presque toujours : c’est un ouvrage de sécurité, très exposé, sur lequel un entretien oublié n’est pas une option esthétique mais un risque. Sa finesse de profilés préserve aussi la vue, ce qu’une lisse bois ne fait pas.
- Véranda et extension : une véranda largement vitrée appelle l’aluminium et sa rupture de pont thermique ; une extension qui doit devenir une vraie pièce de la maison, habitée toute l’année, appelle plutôt une ossature bois. Ce sont deux programmes différents, pas deux prix différents pour le même objet.
Un dernier conseil très concret : quand vous mélangez les deux matières sur une même maison (et c'est le cas de beaucoup de nos chantiers, terrasse bois plus pergola alu), l'accord des teintes fait tout. Une teinte RAL bien choisie fait dialoguer le métal avec le bois grisé et la pierre ; mal choisie, elle donne l'impression de deux chantiers étrangers l'un à l'autre. Notre guide sur le choix de la teinte RAL en aluminium détaille les finitions mates, satinées et sablées qui vieillissent le mieux sous notre lumière.
Vous verrez dans nos réalisations en Gironde que les deux matières s'y croisent constamment, souvent sur le même chantier. Ce n'est pas une hésitation de notre part : c'est le résultat d'un arbitrage fait pièce par pièce, exposition par exposition.

