L'Entre-deux-Mers n'est pas une plaine. Entre Génissac et Rauzan, les parcelles sont en coteau, souvent orientées plein sud pour la vigne, et les maisons qui s'y sont installées ont hérité de cette exposition. C'est excellent en février et invivable en juillet, ce qui explique la proportion de pergolas dans ce que nous y posons.
Le relief a une conséquence directe sur les fondations, et sur le budget. Sur un sol horizontal, on coule une dalle ou des plots et l'affaire est réglée ; en pente, une dalle suppose un terrassement, un décaissement et un soutènement, une bonne part de l'enveloppe dépensée avant d'avoir posé le premier poteau. À Capian, pour un carport bois de 6 × 9 mètres à trois véhicules, nous avons fondé sur des vis de fondation d'un mètre cinquante, vissées directement dans le sol : chaque pied se règle indépendamment en hauteur, ce qui rattrape la pente sans toucher au terrain. Pas de béton, pas d'évacuation de terre, pas de délai de séchage.
Le sous-sol change avec l'altitude, et cela se sent à la fondation. Les plateaux reposent sur le calcaire à astéries, celui-là même qui a servi de pierre de construction dans toute la région : il porte très bien, mais il se creuse mal, et une réservation qu'on croyait faite à la tarière se termine parfois au brise-roche. Les vallons, eux, sont sur molasses, plus tendres, plus sensibles à l'eau. Nous sondons avant de chiffrer plutôt que de découvrir le jour de la pose.
Enfin, ces communes viticoles comptent beaucoup d'églises et de bâtis anciens protégés. Une parcelle située dans le périmètre des abords d'un monument historique fait passer la demande d'urbanisme par l'avis de l'Architecte des Bâtiments de France : la teinte, la pente de toiture et parfois le matériau de couverture sont alors regardés. Cela ne bloque rien, mais cela change le calendrier. Nous vérifions ce point au relevé, avant de dessiner, plutôt qu'après un refus.